Présentation
générale du système de Dorvan
Le
système karstique de Dorvan - ou système du Pissoir -
est un des plus vaste réseau souterrain de l'Ain. Pour l'heure
les spéléologues n'en connaissent qu'une petite fraction,
surtout sur la partie occidentale. 13 km de galeries ont été
explorées (grotte du Crochet 8.4 km, perte de Socours 1.5 km,
grotte du Pissoir 1.5 km, grotte du Cormoran 1.1 km). Les calcaires
du Bajocien et Bathonien inférieur en constituent le réservoir aquifère,
tandis que les formations marneuses ou marno-calcaires de l’Aalénien
(mélange calcaire et argile), du Lias et du Callovo-oxfordien
en constituent les bords imperméables inférieurs et latéraux. Dans le
détail, l'enchainement des différentes couches du Bajocien est
très varié et comporte plusieurs niveaux marneux (argileux) de faible
ampleur mais qui jouent aussi un rôle important sur l’organisation des
zones d'écoulement : puits, galeries, gros volumes ou méandres
impénétrables.
Un
traçage effectué en 1982, dans les cavités connues
à cette époque, a permis de mieux comprendre les différents
écoulements. Les eaux drainées par la grotte du Cormoran et qui
se perdent à la sortie de la cavité, transitent ensuite par la grotte
du Crochet supérieur et se retrouvent dans la galerie principale du
Crochet inférieur (puits du Lac). Puis ces eaux se perdent dans le Crochet
au niveau du Puits de la Cascade et rejoignent la source du Pissoir.
Selon les différentes interprétations, les eaux circulants
par la Perte de Socours soit transitent par la grotte du Crochet puis
se perdent au niveau du puits de la Cascade et se retrouvent enfin à
la source du Pissoir, soit rejoignent directement la source du Pissoir
(sans passer par le Crochet). Quoiqu'il en soit, une faible partie se
retrouve à l'extérieur dans le Bief Ravinet au niveau
du Pont des Planches.
Historique
de l'exploration
Connu
du Groupe Ulysse Spéléo (GUS) depuis les années
70, le Trou Souffleur de la Grande Combe comme il a d'abord
été baptisé a fait l'objet de plusieurs séances
de désobstruction pour en élargir l'entrée. Dans
les années 80, les "TGV" y effectuent plusieurs élargissements
sans grand succès. Les GUS poursuivent encore quelques désobstructions
mais s'arrêtent car la fissure où circule le vent n'est
pas bien engageante...
Le
Clan Spéléo des Troglodytes (CST), habitué du secteur,
décide en avril 2010 de reprendre l'élargissement et entament
6 séances de désobstruction successives. La fissure devient
progressivement boyau jusqu'au 5 juin 2010, date où la jonction
avec un volume important est effectuée. Le 6 juin, le premier
puits (P10) est descendu et la suite est repérée à
travers une lucarne. Dès lors les explorations vont s'enchaîner
: d'abord le R3 derrière l'étroite lucarne (élargie
depuis), ensuite les puits de l'Afterwork découverts un soir
après le boulot, la base connue de la cavité avec le P5
et le P3, la salle GT et enfin les puits parallèles (P14).
Le
fond de la cavité au pied du P5 est élargi début
août 2010 : la suite est étroite et le courant d'air semble
se perdre dans de multiples passages impénétrables. Le
trou est alors publié dans le Spelunca n°120 (décembre
2010).
Une visite hivernale fin-décembre 2010 réactive l'intérêt
pour le fond de la cavité. De l'eau est entendue sous le terminus
connu. Une nouvelle séance de désobstruction permet alors
de franchir l'étroiture, déboucher dans un P4 et réactiver
le courant d'air. Le fond actuel est une trémie terreuse instable.
Description
de la cavité

La
totalité de la cavité est équipée de goujons.
Prévoir des plaquettes sans vis.
Il
faut rentrer dans la perte pieds en premier. Le boyau Rik & Rok
est en effet trop étroit pour se retourner à la tête
du premier puits. Le P10 d'entrée est borgne, il faut suivre
le courant d'air en passant dans une lucarne 3m en-dessous de la tête
du puits. Un ressaut de 3m lui fait suite. Pour accéder au reste
du réseau, deux possibilités : la plus compliquée
est de poursuivre en face de la lucarne et accéder au P14, puis
de rattraper le P20 par un passage boueux. Le plus simple est de continuer
la descente à la base du R3 et d'accéder aux puits de
l'Afterwork directement : P8 - P20 - P8. Attention, de nombreux blocs
peuvent se détacher ou glisser, il est conseillé de descendre
les trois puits avant de laisser le suivant s'élancer.
Le
fond de la perte est taillé dans la diaclase : c'est un vaste
espace où se développent le P8, et ensuite le P5 à
la base duquel une petite trémie donne accès à
un R3 et au puits terminal, le P4 (non-topographié). En équipant
une main courante à mi-descente du P8, on a accès à
une salle de belle dimension, la salle GT. Cette salle vaut le coup
d'oeil par sa dimension, ses formes et ses particularités géologiques
et biologiques.
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la topo complète
Equipement
:
Topo |
Cordes
(Amarrages) |
Rik&Rok,
lucarne et R3 |
30m
(7) |
Afterwork
P8 - P20 - P8 |
45m
(7) + dev. dans P8 |
P5
- R3 - P4 |
20m
(5) |
Main
courante - Salle GT |
30m
(9) |
Géologie
Le
massif du Bugey où se situe notre grotte correspond à
la pointe méridionale du Jura. Les calcaires qu'on rencontre
autour du petit village de Dorvan sont datés du Jurassique moyen
(Dogger), époque des dinosaures, il y a 167 millions d'années.
Plus précisemment les terrains au sud du village appartiennent
au Bajocien.
L'entrée
de la perte est une fissure élargie permettant d'accéder
à la diaclase principale qui guide l'eau jusqu'au fond. Cette
diaclase subverticale de direction N50° s'aligne parfaitement avec
la Grande Combe, à quelques mètres de celle-ci. La première
couche de calcaire rencontrée est datée du Bajocien Supérieur.
Cette couche est caractérisée par une forte quantité
de silex incrustés. Les silex disparaissent dans le P20, signe
d'un changement d'horizon géologique : la cavité continue
dans le Bajocien inférieur. La résurgence du Pissoir également
située dans cette couche se situe 200m plus bas. Il y aurait
donc potentiellement environ 150m de verticale à découvrir
entre la perte de Dorvan et la résurgence du Pissoir.
Le
dernier niveau de la grotte est très fossilifère. Il s'agit
d'un calcaire bioclastique (formé de débrits de coquillages)
dans lequel on peut observer des fragments de bélemnites, d'oursins,
de brachiopodes (coques) et de crinoïdes. Le passage qui mène
à la salle GT est même constitué essentiellement
de tiges de crinoïdes à section en forme d'étoile,
très esthétique.
Biospéléologie
Salamandre,
diploure, pseudoscorpion, crevette, moustique, araignée, traces
de lérot (voir photos ci-dessous).
Planche
photos
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Photo 1 - première séance de désobstruction
- 24/04/10 |
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Photo 2 - le boyau Rik&Rok progresse - 16/05/10 |
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Photo 3 - le boyau en cours d'élargissement - 16/05/10 |
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Photo 4 - première descente dans le P10 - 06/06/10 |
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Photo 5 - Laurence : "ça continue!" - 05/06/10 |
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Photo 6 - le P10 et la lucarne - 13/06/10 |
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Photo 7 - Aurélien dans la lucarne - 24/06/10 |
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Photo 8 - découverte des puits de l'Afterwork - 24/06/10 |
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Photo 9 - Benj en bas du P20 - 26/06/10 |
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Photo 10 - Hélène au-dessus du P5
- 04/07/10 |
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Photo 11 - Caquot équipe la main courante du P8 - 04/07/10 |
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Photo 12 - François équipe le
P14 - 11/07/10 |
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Photo 13 - Philippe dans le réseau
du P14 - 11/07/10 |
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Photo 14 - Benj en désob au-dessus du R3 - 25/07/10 |
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Photo 15 - Benj remonte la salle GT - 25/07/10 |
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Photo 16 - Le fond de la perte après le R3 en Août
2010 - 01/08/10 |
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Photo 17 - François au fond du R3 - 01/08/10 |
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Photo 18 - pseudoscorpion |
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Photo 19 - salamandre à -50m |
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Photo 20 - traces de lérot dans la salle GT |